Traque d’un faune espiègle

Cette nouvelle a été écrite dans le cadre d’un concours de nouvelles organisé par Lire et Librinova, dont le thème était « le bonheur est un piège dans lequel je suis plusieurs fois tombée. »

Le bonheur se cherche, mais quand on l’attrape, il nous poudre les doigts comme le papillon dont on pince les ailes, et qu’on tue de vouloir garder toujours.

Le propre d’un piège, c’est de se dissimuler au point qu’on ignore s’y être égaré. On ignore la menace et on sourit benoîtement en admirant le paysage. Le bonheur est un piège dans lequel je suis plusieurs fois tombée. Je suis comme tout le monde, comme tous les papillons autour de la flamme nocturne : je cherche le bonheur, qui semble se donner et se ravise en se moquant, surtout si on a cru le saisir.

Le bonheur a d’abord pris la couleur de miel des yeux de ma mère. Sa douceur était un paradis perdu, dont je ne cessais de chercher la trace. Elle avait dû exister, n’est-ce pas ? Comment en aurais-je eu la nostalgie, sans y avoir goûté ? Enfant, je ne faisais rien qui ne visât à gagner ma place dans ses bras, sous ses caresses. Je voulais être son chat, car rien ne me semblait plus désirable que d’être distraitement pétrie par ses doigts, tandis qu’elle serait en train de lire.

Je vois aujourd’hui l’origine de ma vocation de météorologue dans la passion vitale qu’a été pour moi la lecture et l’interprétation de ses humeurs. Ma mère était un phénomène climatique imprévisible, que je me suis acharnée à rationaliser et à apprivoiser, dont je me suis évertuée à me faire aimer. Capricieuse comme l’orage, elle jetait des éclairs comme Zeus, frappait comme Thor, submergeait comme une déesse Tsunami. Mais si on savait sacrifier aux moments opportuns, si on faisait preuve de piété, alors elle faisait pour nous des étés indiens et des Alizés qui nous laissaient hébétés de tendresse.

Je suis restée plus longtemps que mes frères et sœurs, aux prises avec l’impossible défi d’apprivoiser ses colères et de profiter de ses grâces. Devine-t-on ce qui est arrivé ? Je suis si bien arrivée à mes fins ! Elle avait usé tout le monde, et tous l’avaient quittée. J’étais restée seule avec elle, éperdue, non sevrée encore à vingt-cinq ans. Ses yeux étaient toujours la centre de ma vie, et ils ont commencé d’acquérir un velours flouté que j’ai pris pour de l’amour, mais qui s’est avéré être le premier symptôme d’une maladie dégénérative. Ma mère a perdu son empire climatique en même temps que le reste de ses facultés plus humaines, et je l’ai enfin eue toute à moi, longtemps, à satiété. J’ai eu ce que j’avais souhaité, ses mains me caressaient, mais ses yeux ne me reconnaissaient plus. Chaque jour elle devenait plus transparente, chaque jour l’absence gagnait un peu de terrain sur la présence, et mon cœur se déchirait un peu plus. Sa mort m’a délivrée.

J’ai scellé moi-même ses yeux, et j’étais un navire dont le port n’existait plus, condamnée à errer comme Ulysse. Je n’avais pas été heureuse pendant les dernières années de ma mère, le bonheur m’avait échappé lors même que mon vœu ombilical s’était réalisé. Le destin a le sens du sarcasme : mon rêve fusionnel s’est réalisé cauchemar, du genre de ceux qui sentent l’hôpital, l’écrasante responsabilité et la solitude. Le bonheur que j’avais voulu puiser aux yeux de ma mère s’était pétrifié entre mes doigts, il était devenu friable et froid, il était tombé en poussière tandis que j’essayais de lui redonner forme, et finalement le vent l’a emporté.

A la dérive, j’ai découvert pour la première fois la traîtrise du bonheur. Son sourire se révélait masque grimaçant.

Éperdue de douleur et de liberté, j’étais prête à tomber dans son nouveau piège. J’allais découvrir la passion.

Je n’avais jamais été disponible pour l’amour, parce que l’ombre de ma mère n’avait laissé à aucune jeune pousse de cet ordre la possibilité de s’enraciner. J’étais à elle, et cela était bon. Mais le vide qu’elle a laissé était un appel d’air.

J’ai rencontré Thibaud à Copenhague, où j’errais l’été suivant la mort de ma mère, à la recherche de tout ce qui se révèlerait capable de me distraire de mon néant. Dans l’apathie la plus totale, j’avais déjà visité Bruges, Amsterdam et Stockholm. Je m’apprêtais à trainer mon ennui vers Berlin avant de rentrer à Paris. Je visitais les musées le cœur glacé et attentive à ma peine. Je marchais sans but pendant des heures, je dormais tôt, dans de petites chambres louées chez l’habitant, je me réveillais absurdement tôt et je lisais au lit sans rien comprendre, attendant de sortir déjeuner.

Dans un marché couvert où je commandais des pâtisseries à la cannelle pour accompagner mon café sucré, j’ai entendu parler français. Indiscrète, j’écoutais la conversation. Deux hommes et une jeune femme, parisiens sans doute, évoquaient le programme de leur journée. Je ne me suis pas retournée vers eux, et j’ai continué de manger en écoutant leurs voix. Deux d’entre elles étaient anodines, mais le timbre de la troisième m’a fascinée comme aucun des vénérables tableaux dont je me goinfrais sans plaisir n’avait su le faire. J’étais un chaton que sa mère saisit par la peau du cou, paralysée, dépendante, en sécurité, et je pouvais sentir l’endroit exact de ma nuque d’où rayonnait ce phénomène.

C’était la première fois que je ressentais quelque chose depuis des mois, depuis des années sans doute. J’ai mis longtemps à recouvrer une pensée rationnelle, mais quand j’ai réussi à émerger de mon hypnose, j’ai fait ce qu’il fallait.

Les trois amis – Thibaud, sa sœur Margot et le petit ami de celle-ci, Alexandre- sillonnaient la ville depuis deux jours et se demandaient s’ils allaient visiter le musée de Louisiana, une quarantaine de kilomètres au Nord, sur la riviera danoise. C’était aussi mon programme du jour : j’avais arpenté sans conviction le palais de Christiansborg la veille et je misais sur l’art contemporain pour me sortir de ma torpeur.

Je ne sais plus comment je me suis immiscée dans leur journée, peut-être les ai-je aidés à trouver la gare et le train qu’ils cherchaient. Ou peut-être ai-je attendu d’être assise en face d’eux dans le train pour plaisanter sur les noms imprononçables des stations.

Je me rappelle que nous avions ri devant la peinture danoise contemporaine, avec toute la grossièreté joyeuse des étrangers sûrs de n’être compris par personne. Dès la fin de matinée, Alexandre et Margot avaient pris leurs distances avec le couple que nous commencions de former, et Louisiana était le plus bel endroit au monde. Nous parlions et riions en un flot ininterrompu, pris d’une ivresse réciproque.

Nous avons déjeuné tous ensemble au restaurant du musée, face à la mer du Nord, de harengs pomme à l’huile et de saumon fumé à la crème aigre. Margot et Alexandre ont plaidé le retour à Copenhague – il avaient vu assez d’art comme ça, et voulaient terminer la journée dans le quartier de Christiana, comme ils l’avaient déjà fait la veille. J’ai dit que je restais, Thibaud aussi.

Tout a été si vite ! Un peu plus tard dans l’après-midi, après avoir traversé une exposition de photographies, c’est dans une des salles consacrées à Giacometti que nous nous sommes embrassés, et ces premiers baisers ne nous semblaient même pas prématurés. Nous étions seuls dans cette haute salle, face au mur de verre qui ouvrait sur la surface grise d’un petit étang où traînaient les saules pleureurs. Le marcheur de Giacometti était la seule œuvre de cette salle, je crois, et le bronze est témoin de l’amour né ce jour-là.

Thibaud a pris toute la place dans ma vie, nous avons brûlé les étapes au mépris de toute prudence, comme si nous ignorions les codes élémentaires de la fréquentation amoureuse. Nous étions passionnément amoureux, c’est à dire que chacun était victime de l’enchantement qui pare l’autre de toutes les qualités qui le fascinent. Au cœur de nos délires respectifs nous ne nous voyions pas, mais chacun projetait son idéal sur l’autre, qui s’efforçait sans le savoir de tendre vers celui-ci.

Nous étions si passionnément amoureux, qu’il nous a fallu deux ou trois ans peut-être pour nous rencontrer réellement, le temps que l’idéal reflue face à la réalité. Quand les mois passés ensemble nous ont dépouillés de toutes nos perfections imaginaires et que nous nous sommes retrouvés face à face, nous nous sommes demandés si nous devions nous séparer. Nous ne nous disputions pas, mais la tiédeur qui succédait à notre passion était embarrassante. Petit à petit nous devenions des amis, ou des frères et sœurs. Nous vivions ensemble, mais l’effusion des corps avait disparu. Sa voix avait perdu depuis longtemps sa capacité d’envoûtement et je comprenais que le bonheur s’était à nouveau joué de moi. Insensiblement, la passion s’était dégonflée en banalité. Il n’y avait pas de raisons évidentes de se séparer, alors nous sommes restés ensemble, cimentés par le respect, les habitudes et l’appartement acheté ensemble.

Je n’étais pas malheureuse, mais j’étais dupée. Encore une fois, j’avais tendu le bras et refermé les doigts sur le vide. Mon histoire avec Thibaud ne s’est pas terminée, mais l’incendie n’était plus qu’une veilleuse. Si encore nous nous déchirions ! Si l’un de nous avait été adultère ! Mais non, le bonheur s’était seulement évaporé au fil du temps. La passion qui se survit constitue un piège bien pire que celle qui se termine par des éclats, qui permet de tout brûler et de recommencer plus tard.

Le bonheur a alors revêtu un nouveau masque, son plus beau peut-être : la maternité. Mes jumelles, Venise et Athéna étaient deux petits miroirs où il se reflétait comme dans une galerie des glaces. Leur père les aimait, je les vénérais. Elles étaient vives et intelligentes, et elles formaient à deux une totalité autonome, orgueilleuse et indivise. Leurs colères m’asservissaient, leurs rires étaient une ambroisie, leurs pleurs ôtaient ses couleurs à l’existence. Leur amour était magnanime et elles me laissaient les adorer. Je les accompagnais à la danse, et j’écoutais leurs récitals de piano. Je leur faisais leurs plats préférés et je ne me lassais jamais de leurs babillages. Elles ont eu cinq ans, et j’ai invité toute leur classe à un goûter d’anniversaire sur le sable de la grande plage de Saint-Malo. Elles ont eu huit ans et nous les avons emmenées visiter les villes qui leur avaient prêté leurs noms. Elles ont eu douze ans, et ont régné au collège, entourées d’une cour de favoris. Elles ont eu seize ans et des histoires d’amour. Elles ont eu dix-huit ans et elles sont entrées en prépa. Elles ont eu vingt ans et elles ont trouvé l’amour. Elles ont eu vingt-deux ans et elles sont parties vivre en Chine, devenir interprète et chercheuse en biologie. J’ai tellement réussi ces enfants qu’elles ont acquis cette confiance en elles infaillible qui leur a permis de me quitter sans se retourner : en jeunes femmes parfaites,  impeccables réussites éducatives. Le bonheur d’être mère est celui d’une rampe de lancement : son triomphe est sa perte.

Ainsi une troisième fois, j’étais dépossédée du mon bonheur, lors même que j’avais réussi à l’atteindre. Je ne pouvais pas me plaindre d’avoir rien échoué, mais le bonheur m’avait échappé comme un faune espiègle après m’avoir laissé croire qu’il se donnerait à moi. Il avait disparu avec un éclat de rire, et s’était dépêché de tendre un nouveau piège.

J’ai couru m’y jeter.

Je gagnais correctement ma vie, mais Thibaud, de manière relativement inattendue s’est révélé un entrepreneur visionnaire. Nous gagnions beaucoup d’argent à cette époque. Je n’ai jamais poussé la vulgarité jusqu’à croire que l’argent faisait le bonheur, mais peut-être était-il temps de cesser de chercher ailleurs qu’en moi ce bonheur fuyant ? J’ai eu envie de connaître le plaisir, de penser à moi, de vivre pour moi.

Le plaisir est un piège séduisant, à l’hameçon duquel se prennent le corps et l’esprit. J’ai délaissé la profonde abnégation de la maternité pour la superficialité et la légèreté : j’ai traversé cette décennie comme une bulle de champagne. Je faisais livrer chaque jour des camélias ou des rameaux d’eucalyptus pour orner les beaux vases chinés par ma décoratrice d’intérieur. Je passais les vacances d’hiver aux restaurants d’altitude des stations de ski, les étés dans les fjords et les automnes en Californie. Je me faisais masser. J’ai même eu une cuisinière pendant quelques années, une libanaise qui me préparait des chaussons aux épinards et au sumac, des moussakas, des houmous au paprika fumé et des grenades à la fleur d’oranger.

J’ai arrêté de travailler, puisque je n’en avais nul besoin. Thibaud ne m’enviait pas et n’y trouvait rien à redire. Il voulait que je sois heureuse, que je profite de la vie. J’avais quelques amies, que je retrouvais chez Mariage Frères, où nous dégustions thés et pâtisseries sophistiquées.

Je me suis gâtée.

La quête du plaisir orientait mes jours, et j’avais les moyens de jouir à profusion. Plus j’additionnais les plaisirs, plus je serais heureuse, cela serait inévitable. Qu’est-ce que le bonheur, sinon la somme de plaisirs sans fin ? J’avais les moyens de m’offrir pratiquement tous les plaisirs qui me tentaient, dans les limites d’une certaine décence, probablement jusqu’à la fin de mes jours. J’avais doré à l’or fin et tendu de soie la cage qui me permettrait d’attraper mon petit faune. Il allait y entrer, c’était certain. Il allait y entrer et s’y prélasser, pour ne jamais plus me quitter. Je fermerais la porte de sa cage et je serais heureuse.

J’ai mis longtemps avant de comprendre ce qui ne fonctionnait pas. L’accumulation des plaisirs aurait dû me rendre heureuse, mais le bonheur persistait à rester devant moi, futur, comme s’il refusait de se laisser capturer par le plaisir. Pire encore, commençais-je à apercevoir, c’était moi qui m’étais laissée captiver par ses mirages ! Je me découvrais dupée une fois de plus, roulée comme un loukoum dans le sucre glace ! Cela m’a crevé les yeux un soir d’automne pluvieux, sous la verrière d’un salon de thé exquis où nous goûtions de thés blancs et de pâtisseries parfumées à la fève de tonka.

Mes amies bavardaient, et j’écoutais en rêvassant les histoires habituelles que nous nous racontions. De leurs bouches sucrées par les pâtisseries coulait un fiel sévère et triste. La médisance, toujours maquillée de sollicitude, était l’essentiel de nos conversations. Quelle était cette joie mauvaise que nous prenions pour le bonheur lui-même ? Comment avais-je pu me laisser prendre à pareille contrefaçon ! Je me suis éveillée comme Bouddha sous son arbre, et j’ai vu clair : le plaisir évide.

Comme une addiction il a l’air d’être la voie, mais il lui en faut toujours plus. Plus on lui cède, plus il devient tyrannique, moins il est possible de parvenir à la plénitude qu’il avait promise. Petit à petit il concentre en lui toutes les couleurs, dessèche tout ce qui poussait autour, et ne laisse que la peau sur les os. Je me sentais vide. Mon existence, toute entière dévolue à faire mon plaisir, était si creuse qu’il n’y avait plus maintenant que la joie mauvaise pour tenir lieu de colonne vertébrale. La recherche du plaisir avait saccagé tout le sens dont j’avais pu tisser jusque-là mon existence. Elle m’avait enlevée à mes chères cartes météorologiques en me faisant croire qu’elles étaient une peine, elle m’avait insensibilisée à la perte de mes filles et m’avait dissuadée de voler les retrouver. Elle venait d’engloutir tout rond une décennie entière, dont je découvrais trop tard le désastre de vanité.  

Sous la surface dorée, tout avait été mangé par les termites.

Mon existence s’effondra sous mon poids.

Je n’ai pas cherché à “voir quelqu’un”. J’ai dissimulé ma nausée existentielle et j’ai seulement mis un terme à mes errances délicieuses. Cela ne m’intéressait plus.

J’ai abandonné.

Il était trop tard. J’avais eu toutes les occasions de tenir mon bonheur, et toutes avaient échoué, s’étaient révélées traîtresses, ne donnant jamais ce qu’elles avaient promis. Le bonheur s’échappait toujours, riant de ma naïveté, comme enchanté de me voir me précipiter dans chaque nouveau piège, à peine émergée du précédant.

J’ai rendu les armes.

Il s’est passé alors quelque chose. La réalité a commencé à changer, ses couleurs sont devenues plus tendres, le présent était plus enveloppant. Je ne sais quand cela a commencé, mais je me rappelle quand cela est devenu si tangible que je ne pouvais plus l’ignorer. C’était en Normandie, à l’automne, dans la petite maison que nous nous étions offerts, pour faire comme tous les autres et nous rendre heureux.

Je regardais une tasse de thé. Elle n’était pas neuve, je ne sais pas d’où elle venait, peut-être avait-elle été vendue avec la maison. L’émail était légèrement ébréché, elle ne devait pas être très précieuse, mais mon cœur s’est serré soudain, en un camaïeu d’émotion. Solitude, nostalgie, beauté, sanglots longs de l’automne et fuite du temps, perfection de l’instant, concentration du présent dans une tasse de thé sencha.

La traque du bonheur avait cessé, et avait laissé place à quelque chose de tout à fait inattendu : la paix.

Le bonheur n’existe pas, c’est un mirage qui nous fait croire qu’on peut le posséder, un petit faune sauvage qu’on croit devoir domestiquer. Le bonheur n’existe pas, mais la paix si. La paix arrive quand on cesse de vouloir encager le bonheur.

Le bonheur est un piège, la paix est un cessez-le-feu.

Je n’ai plus essayé d’attraper le bonheur, mais j’ai fait de ma vie un jardin où il peut venir jouer, tandis que je l’observe de loin en buvant le thé.

Le bonheur est un piège, parce que nous nous imaginons que nous pouvons le capturer et le garder chez nous comme un trophée. Alors la vie se transforme en guerre, nous nous faisons stratèges, nous nous livrons corps et âme à la bataille parce que nous croyons que nos efforts nous permettrons plus tard d’avoir le bonheur pour nous.

J’ai déclaré la paix au bonheur et timidement, il s’est laissé voir. Il n’est dans aucun futur, mais toujours au creux du présent. Je n’ai plus cherché à le capturer, alors nous nous sommes réconciliés. Je l’observe de loin folâtrer dans l’herbe. Je lui laisse toujours le fond de mes tasses de thé.

1 réflexion sur « Traque d’un faune espiègle »

  1. J’ai été pris réellement par votre écriture et par ce texte magnifique.
    Dans un prmier temps, J’ai pensé je ne sais pourquoi à la poésie de Gainsbourg : « Fuir le bonheur de peur qu’il ne se sauve… » ( etc…)
    J’ai pensé enfin à Victor Hugo, non pas pour faire un rapprochement avec votre écriture mais faire un rapprochement avec la souffrance en général, celle notamment qui fait suite à la perte d’une personne très chère. (J’ai perdu ma mère en 2019.)
    Victour Hugo, on le sait, souffre énormément de la perte de léopoldine, lorsque qu’il est à Guernesey. Et dans ce décors d’exil, il écrit ces plus beaux vers tellement touchants :  » …Demain dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne je partirai…(etc) une poésie déchirante.
    Pendant de longues pages il est déchiré de souffrance mais également inspiré et puis je l’ai senti vers la fin de son livre « les contemplations « , un moment arrive, celui de la paix.
    Comme vous il arrive à la paix intérieure et j’ai pensé, oserais-je, que comme vous peut-être a t’il fait enfin le deuil ?
    Lui de sa fille ainée tant aimée, vous de votre mère tant aimée.
    Francis NEGRE
    J’étais à votre séance philo à Bazas le 16 Février dernier. ( « Le corps doit-il être dominé « )
    Je n’ai pas l’habitude d’écrire ou répondre dans différents blogs

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